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Conformité produit2026-09-12·6 min de lecture
Naomie Halioua

Naomie Halioua

Co-fondatrice & CRO, Recherche IA

Le 3 septembre, le Conseil de l'UE a donné son feu vert à sa réforme douanière : une seconde redevance, dont le montant n'est toujours pas fixé, s'appliquera à chaque colis de faible valeur dès le 1er novembre, en plus des 3 € de droit déjà en vigueur depuis juillet

Le 3 septembre, le Conseil de l'UE a donné son feu vert à sa réforme douanière : une seconde redevance, dont le montant n'est toujours pas fixé, s'appliquera à chaque colis de faible valeur dès le 1er novembre, en plus des 3 € de droit déjà en vigueur depuis juillet

Le 3 septembre 2026, le Conseil de l'UE a formellement adopté sa position sur la refonte du code des douanes de l'Union, dernière étape législative après l'accord politique conclu avec le Parlement européen le 26 mars 2026. La couverture médiatique a mis en avant le titre que tout le monde attendait déjà : une nouvelle autorité douanière européenne décentralisée, dont le siège sera à Lille, en France, et un nouveau centre de données douanières de l'UE (EU Customs Data Hub), censés remplacer 27 systèmes informatiques nationaux fragmentés par un enregistrement unique, structuré et partagé des données d'importation et d'exportation. Ce que la plupart des articles ont enterré, ou ignoré, c'est une seconde charge glissée dans le même texte : une redevance de traitement (handling fee) à l'échelle de l'UE sur les petits colis, à instaurer d'ici le 1er novembre 2026, dont la Commission européenne doit encore fixer le montant. Elle est distincte du droit de douane forfaitaire temporaire de 3 € par article en vigueur depuis le 1er juillet 2026, celui que ce blog avait couvert lors de la disparition du seuil de franchise de 150 €, et elle s'y ajoute. À partir du 1er novembre, un colis qui supporte déjà les 3 € de droit supportera aussi une seconde charge à l'échelle de l'UE, dont ni le montant exact ni le mécanisme précis de perception n'ont encore été arrêtés.

Ce que le vote du Conseil du 3 septembre a réellement approuvé

Le communiqué du Conseil décrit cette réforme comme la refonte la plus ambitieuse et la plus complète de l'union douanière de l'UE depuis sa création en 1968, concluant trois années de négociation sur une proposition de la Commission déposée initialement en 2023. Le texte du 3 septembre constitue la position formelle propre du Conseil sur cette proposition, faisant suite à l'accord politique conclu par les colégislateurs le 26 mars 2026 ; le Parlement européen doit encore donner sa propre approbation en séance plénière, et le texte doit être signé et publié au Journal officiel avant d'entrer en vigueur, une étape que les articles parus au moment de l'approbation du Conseil décrivaient comme attendue plus tard en septembre 2026, sans confirmer à ce stade qu'elle avait eu lieu. Trois éléments composent le paquet. D'abord, une nouvelle autorité douanière européenne décentralisée, basée à Lille et censée devenir opérationnelle en 2027, chargée de coordonner la gouvernance douanière entre États membres. Ensuite, un centre de données douanières de l'UE, plateforme centralisée par laquelle importateurs et exportateurs interagiront avec les autorités douanières, destinée à remplacer la mosaïque actuelle de systèmes nationaux de déclaration. Enfin, et c'est la partie qui change ce qu'une marque paie réellement par envoi, une redevance de traitement à l'échelle de l'UE sur les petits colis, à instaurer au plus tard le 1er novembre 2026, dont la Commission n'a pas encore fixé le montant.

Trois détails derrière l’approbation du 3 septembre

01

Deux charges distinctes, pas une seule

Le droit forfaitaire de 3 € (depuis le 1er juillet) et la nouvelle redevance de traitement (dès le 1er novembre) sont deux charges distinctes, fondées sur des bases juridiques différentes, et toutes deux s'appliquent au même colis de faible valeur.

02

Le montant reste vide pour l’instant

Le texte du Conseil fixe l'échéance du 1er novembre et indique que la Commission fixera le niveau de la redevance avant que les États membres ne l'appliquent ; aucun chiffre officiel n'a été publié.

03

Ce sont les plateformes qui paient, pas directement l’acheteur

Dans le cadre de la réforme, la plateforme ou le vendeur à distance qui gère la vente est considéré comme l'importateur réputé, responsable des formalités douanières et du paiement, et non le consommateur final.

2023

La Commission européenne dépose sa proposition de refonte du code des douanes de l'Union.

12 Dec 2025

Le Conseil s'accorde une première fois sur un droit de douane forfaitaire temporaire sur les petits colis à partir de mi-2026.

1 Jul 2026

Le seuil de franchise de 150 € sur les importations de faible valeur disparaît ; le droit forfaitaire temporaire de 3 € par article entre en vigueur, jusqu'au 1er juillet 2028.

26 Mar 2026

Le Conseil et le Parlement parviennent à un accord politique sur l'ensemble de la refonte du code des douanes.

3 Sep 2026

Le Conseil adopte formellement sa position : la nouvelle autorité douanière, le centre de données douanières, et la nouvelle redevance sur les petits colis.

1 Nov 2026

Échéance pour l'instauration de la nouvelle redevance à l'échelle de l'UE, une fois son montant fixé par la Commission.

2027

La nouvelle autorité douanière de l'UE, dont le siège sera à Lille, devrait devenir opérationnelle.

Les chiffres derrière la seconde redevance

Un chiffre est confirmé par le texte du Conseil lui-même. Un autre est une estimation de la presse spécialisée qui n'a pas été officiellement confirmée. Le troisième montre depuis combien de temps cette réforme est en mouvement, ce qui compte pour évaluer la marge de manœuvre réellement restante pour les marques.

1 Nov 2026

l'échéance confirmée par le texte du Conseil pour l'instauration de la nouvelle redevance de traitement à l'échelle de l'UE sur les petits colis, une fois son montant fixé par la Commission

~€2

le montant évoqué par la presse spécialisée comme redevance probable par colis, rapporté comme une estimation du secteur, et non comme un chiffre officiel de la Commission

3 years

la durée de la négociation entre la proposition de 2023 de la Commission et la position formelle du Conseil du 3 septembre 2026, selon la description des colégislateurs eux-mêmes

Le vrai sujet : une redevance qu'on ne peut pas encore budgéter

La plupart des articles consacrés au vote du 3 septembre l'ont traité comme une histoire de gouvernance : une nouvelle agence, une nouvelle ville siège, une nouvelle plateforme de données, des étapes d'une réforme institutionnelle visible à l'horizon depuis 2023. Ce cadrage est exact, et c'est précisément pour cela que la redevance glissée dans le même texte mérite plus d'attention qu'elle n'en a reçu. Un droit de douane est un coût connu : le droit forfaitaire de 3 € entré en vigueur le 1er juillet 2026 a un montant fixe, qu'une équipe finance peut intégrer dès aujourd'hui dans ses calculs de coût rendu. La redevance de traitement approuvée le 3 septembre n'est pas de cette nature. Elle a une échéance ferme, le 1er novembre 2026, et pas de prix, car le texte du Conseil délègue le chiffrage effectif à un acte d'exécution de la Commission encore à venir. Cet enchaînement, le mandat d'abord, le montant ensuite, n'a rien d'inhabituel dans la législation européenne, mais il tombe à un moment particulièrement inopportun pour quiconque expédie vers l'UE : le 1er novembre se situe cinq à six semaines avant le pic des achats de fin d'année, précisément quand les volumes de colis en provenance de pays tiers explosent et que l'économie du coût unitaire d'expédition compte le plus. Une marque ou une plateforme qui a déjà reconstruit son modèle de coût rendu autour des 3 € de droit doit désormais laisser une ligne en attente pour une seconde charge dont le montant n'a pas encore été publié par la Commission, avec environ sept semaines entre aujourd'hui et la date à laquelle elle est censée commencer à s'appliquer.

Pourquoi c'est important pour les marques

Trois groupes portent l'exposition directe. D'abord, toute marque ou plateforme qui gère une livraison directe au consommateur vers l'UE depuis l'extérieur, dropshipping, entrepôts d'e-commerce transfrontalier, ou plateforme de distribution hors UE, puisque la réforme traite la plateforme ou le vendeur à distance comme l'importateur réputé, responsable à la fois du droit de 3 € et de la future redevance de traitement, et non l'acheteur qui clique sur acheter. Ensuite, les équipes finance et pricing qui ont déjà reconstruit leurs modèles de coût rendu autour du changement de droit de juillet : ces modèles ont désormais besoin d'une ligne en attente pour une seconde charge à l'échelle de l'UE, susceptible d'être fixée, chiffrée et applicable au cours du même trimestre, l'acte d'exécution de la Commission risquant d'arriver près de l'échéance du 1er novembre plutôt que largement en amont. Enfin, toute marque exportant vers l'UE depuis un marché qui n'a pas encore aligné ses propres formats de données douanières : l'objectif du centre de données douanières parallèle est de faire reposer le contrôle sur des données produit structurées, ligne par ligne, transmises à la déclaration, plutôt que sur des contrôles physiques ponctuels, de sorte que la redevance arrive en même temps qu'une infrastructure de données qui rend un colis sous-déclaré ou mal classé nettement plus facile à repérer automatiquement. La marque qui traite le 3 septembre comme un simple titre de gouvernance et le 1er novembre comme le problème de quelqu'un d'autre, son transporteur, son courtier en douane, est celle qui risque le plus d'être surprise par une ligne budgétaire qui n'existait pas quand le budget de ce trimestre a été bâti.

Deux lectures de l’approbation du 3 septembre

Lecture étroite

Le Conseil a approuvé sa position sur la plus grande réforme douanière de l'UE depuis 1968, créant une nouvelle autorité douanière à Lille et un centre de données partagé.

Lecture structurelle

Ce même texte fixe une échéance ferme au 1er novembre pour une seconde charge, à l'échelle de l'UE, sur chaque colis de faible valeur, en plus des 3 € de droit déjà en vigueur depuis juillet, sans en fixer le montant. Les marques et plateformes expédiant vers l'UE disposent désormais d'environ sept semaines pour se préparer autour d'un chiffre que la Commission européenne n'a pas encore publié, à un moment qui précède de peu le pic des volumes d'expédition de fin d'année.

Questions fréquentes

La nouvelle redevance de traitement de l’UE est-elle la même chose que le droit de douane de 3 € ?

Non. Le droit forfaitaire de 3 € par article est entré en vigueur le 1er juillet 2026, en remplacement du seuil de franchise de 150 €, et s'applique à titre temporaire jusqu'au 1er juillet 2028. La redevance de traitement approuvée le 3 septembre 2026 est une charge distincte, prévue par la refonte plus large du code des douanes de l'Union, à instaurer d'ici le 1er novembre 2026, et elle s'ajoute au droit de 3 € plutôt que de le remplacer. Les deux reposent sur des textes juridiques et des calendriers différents.

Quel sera le montant de la nouvelle redevance par colis ?

Pas encore connu. Le texte du Conseil du 3 septembre fixe l'échéance du 1er novembre 2026 pour l'instauration de la redevance et indique que la Commission européenne en fixera le montant avant que les États membres ne l'appliquent. La presse spécialisée évoque un montant d'environ 2 € par colis à titre d'estimation probable, mais ce chiffre n'a pas été confirmé par un acte officiel de la Commission à la date de rédaction.

Qui est légalement responsable du paiement de la nouvelle redevance : le vendeur ou l’acheteur ?

Dans le cadre de la réforme, la plateforme ou le vendeur à distance qui gère la vente vers l'UE est considéré comme l'importateur réputé, responsable des formalités douanières et du paiement, plutôt que le consommateur individuel qui reçoit le colis. Il s'agit de la même structure de responsabilité déjà en place pour le droit forfaitaire de 3 € depuis le 1er juillet 2026.

Sources

  1. Council of the EU (consilium.europa.eu): "EU customs: Council greenlights landmark reform", 3 September 2026: the Council’s formal adoption, the Lille-based Customs Authority, the Customs Data Hub, and the 1 November 2026 handling-fee deadline
  2. Council of the EU (consilium.europa.eu): "EU customs: Council and Parliament agree on landmark reform", 26 March 2026: the political agreement preceding the 3 September formal position
  3. eunews.it: "EU: Council gives the go-ahead for customs reform: from 1 November, a handling fee for small parcels": independent confirmation of the 3 September vote and the handling-fee deadline
  4. Insight EU Monitoring: "EU Council approves customs reform with tougher rules for e-commerce imports": independent confirmation of the reform’s e-commerce provisions
  5. PwC Switzerland (Customs-ised): "A milestone for the negotiations of EU Customs Reform": independent confirmation of the reform timeline and the Lille headquarters
  6. GVW: "Reform of the Union Customs Code, agreement in the Council of the European Union": independent legal-sector confirmation of the Council’s position and its main components
  7. Bird & Bird: "New EU customs duty, handling fees and VAT requirements starting from 2026: five things ecommerce businesses need to know": the distinction between the €3 duty and the new handling fee, and the ~€2 trade estimate
  8. Post & Parcel: "EU approves new parcel fee and e-commerce rules": independent confirmation of the handling fee and the deemed-importer liability structure

Note sur la vérification : l'accès réseau de cette session permet la recherche mais bloque la récupération directe des pages depuis consilium.europa.eu, eur-lex.europa.eu et d'autres domaines institutionnels de l'UE. La date d'adoption du Conseil du 3 septembre 2026, l'accord politique du 26 mars 2026, le siège à Lille, le centre de données douanières de l'UE, et l'échéance du 1er novembre 2026 pour la redevance ont été confirmés via des extraits indexés des communiqués officiels du Conseil, recoupés avec des comptes rendus indépendants d'eunews.it, d'Insight EU Monitoring, de PwC et de GVW, rapportant chacun les mêmes dates et les mêmes éléments. La distinction entre la redevance et le droit forfaitaire préexistant de 3 €, la structure de responsabilité de l'importateur réputé, et l'estimation d'environ 2 € évoquée par la presse spécialisée, explicitement présentée comme une estimation non officielle et non comme un chiffre confirmé, ont été confirmées via l'analyse juridique de Bird & Bird consacrée à l'e-commerce, recoupée avec la couverture indépendante de Post & Parcel. Aucun chiffre de cet article n'est présenté comme un montant officiel de la Commission au-delà de ce que confirme le texte du Conseil lui-même : l'échéance du 1er novembre 2026 et le fait que le montant reste à fixer.

Questions fréquentes

La nouvelle redevance de traitement de l'UE est-elle la même chose que le droit de douane de 3 € ?

Non. Le droit forfaitaire de 3 € par article est entré en vigueur le 1er juillet 2026, en remplacement du seuil de franchise de 150 €, et s'applique à titre temporaire jusqu'au 1er juillet 2028. La redevance de traitement approuvée le 3 septembre 2026 est une charge distincte, prévue par la refonte plus large du code des douanes de l'Union, à instaurer d'ici le 1er novembre 2026, et elle s'ajoute au droit de 3 € plutôt que de le remplacer. Les deux reposent sur des textes juridiques et des calendriers différents.

Quel sera le montant de la nouvelle redevance par colis ?

Pas encore connu. Le texte du Conseil du 3 septembre fixe l'échéance du 1er novembre 2026 pour l'instauration de la redevance et indique que la Commission européenne en fixera le montant avant que les États membres ne l'appliquent. La presse spécialisée évoque un montant d'environ 2 € par colis à titre d'estimation probable, mais ce chiffre n'a pas été confirmé par un acte officiel de la Commission à la date de rédaction.

Qui est légalement responsable du paiement de la nouvelle redevance : le vendeur ou l'acheteur ?

Dans le cadre de la réforme, la plateforme ou le vendeur à distance qui gère la vente vers l'UE est considéré comme l'importateur réputé, responsable des formalités douanières et du paiement, plutôt que le consommateur individuel qui reçoit le colis. Il s'agit de la même structure de responsabilité déjà en place pour le droit forfaitaire de 3 € depuis le 1er juillet 2026.

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